Rivage de la colère – Caroline Laurent

J’avais hâte de découvrir Rivage de la colère, le second roman de Caroline Laurent. Et soudain, la liberté avait été un coup de coeur. J’ai eu la chance de l’entendre parler de ce projet éditorial si particulier puisqu’il a été entrepris par Evelyne Pisier. Caroline Laurent était son éditrice, elle a du achever cet écrit suite à son décès. Un sublime roman écrit à quatre mains que je vous conseille. Je peux déjà dire que Rivage de la colère est à la hauteur de ce qu’elle a entrepris. Caroline Laurent a su entremêler souvenirs maternels, fiction et combat politique.

Rivage de la colère débute sur une île paradisiaque nommée Diego Garcia, archipel qui fait partie de l’île Maurice. Le décor est idyllique, les habitants vivent de plaisirs simples. Ils travaillent la coco, s’entraident et se soutiennent. On apprend à connaître Marie-Pierre, la femme aux pieds nus. Elle est indépendante avec sa fille. Elle écoute son corps et se laisse tenter par les plaisirs de la chair jusqu’à la rencontre de Gabriel, un mauricien qui vient aider l’administrateur colonial. Tous deux se cherchent du regard et une histoire d’amour qui n’est pas permise débute cachée…

Un drame se trame pour les Chagossiens sans qu’ils ne le sachent. Alors que Maurice devient indépendante, Chagos est annexée par les Britanniques grâce à un accord entre politiques. Les habitants sont alors dépossédés de leur bien le plus précieux : leur terre, celle où ils ont leurs souvenirs, leur maison. Une lutte commence, une longue épreuve les attend puisqu’ils vont être malmenés et considérés comme des moins que rien. Un bateau vient les chercher pour aller à Maurice ou rien ne les attend. On a l’impression de voir des esclaves dans cette cale où ils sont entassés les uns avec les autres. Ils ne sont pas maîtres de leur destin.

Caroline Laurent offre une voix à tous ceux qui se sont battus contre ce drame. Cela s’est passé dans les années 70, ce n’est pas loin de notre époque. C’est l’histoire d’un déchirement culturel, d’un manque de considération d’un peuple, d’enjeux politiques plus importants que l’individu lui-même. Les Chagossiens en ressortent davantage unis et soudés. Ce roman nous touche, nous révolte. Marie & Gabriel sont des personnages attachants, on aimerait que la vie soit plus douce avec eux mais la rage n’est jamais très loin. Une chose les unit, leur fils qui reprend le combat. La justice apprend la patience et à ne pas compter les jours. Un message fort transmis par ce roman qu’il faut lire !

Qu’est-ce qui forge une identité ? Un nom, une profession, la couleur d’un passeport, un certain alignement des planètes ? Ce qui nous fonde, n’est-ce pas simplement l’amour qui a présidé à notre naissance, ou bien à l’inverse, l’absence de tout sentiment ?

Vous le connaissez ?

Belle lecture,

Anaïs

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