RL2019 # Murène – Valentine Goby

Valentine Goby était une auteure que je ne connaissais que de nom. Depuis longtemps, je souhaite lire Kinderzimmer mais je l’ai découverte avec Murène, un roman magistral ! Ce dernier se démarque de loin dans la rentrée littéraire 2019. Pour moi, il prend place au côté de Rouge impératrice, deux romans denses, riches dont la plume nous captive.

Murène, c’est l’histoire de François, un jeune homme dont la vie va basculer. Le destin a décidé pour lui. Il a fallu que le camion dans lequel il était, tombe en panne. Il doit alors marcher pour trouver une station service ou un garagiste. François va faire une erreur impardonnable : il se hisse sur une locomotive. Il est foudroyé par les volts, son corps est projeté au sol et carbonisé.

Il va se réveiller avec un buste sans bras. L’horreur commence. Le jeune homme se retrouve comme un enfant pour qui il faut tout faire : le nourrir, le laver, le changer. François est désemparé, sa mère est présente, il peut compter sur sa famille. Le retour à la maison va être un challenge, il doit cohabiter avec ce corps, apprendre de nouveaux gestes. Il ne cesse de faire preuve d’imagination, ses parents couturiers l’aident. Ils vont par exemple coudre le pantalon avec le slip ou la veste avec la chemise. Ils font tout pour que leur fils retrouve au maximum son autonomie.

Valentine Goby dissèque ce quotidien d’un jeune homme emprisonné dans cette enveloppe charnelle qui n’est pas la sienne. Elle le fait avec minutie et insuffle une part de beauté à ce corps, à la vie retrouvée, peu à peu acceptée. Elle nous fait prendre conscience de ce que peut provoquer un accident, ceux qui amputent des membres. C’est toute la vie d’une famille qui est remise en cause.

Heureusement François regorge de créativité et de force. La prothèse n’a pas marché, il ne la portera pas pour « faire beau ». Il préfère trouver d’autres astuces pour être autonome. Son cerveau est en émulation. Il ne reste pas passif.

L’auteure offre au récit une temporalité propre à François, la vie ne va pas à mille à l’heure mais plutôt geste après geste et c’est passionnant. François au début attend après les autres. Il s’adapte aux emplois du temps de chacun pour s’émanciper davantage avec le temps. Il prend son envol à partir du moment où il assume ce qu’il est. La natation va l’aider à apprivoiser ce corps et il fera de belles rencontres. Le handisport est mis à l’honneur. Il fait partie d’un groupe, il existe pour ce qu’il est. Il est présent pour sa famille, sa soeur mais aussi ses amis.

C’est un roman dont on ne sort pas indemne. J’ai eu besoin de le digérer après avoir refermé les dernières pages. C’est un roman que je n’oublierai pas, que je conseillerai avec plaisir même s’il n’est pas fait pour tout le monde. Le sens du détail et la densité vont faire peur à certains. Cependant, il faut retenir que c’est un roman d’une grande beauté qui aborde un sujet important et offre une voix aux homme et aux femmes qui se retrouvent handicapés après des épreuves de la vie.

Murène est une pépite, lancez-vous dans cette lecture, partagez-là. Elle le mérite !

Belle lecture et bon dimanche,

Anaïs

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