Rendez-vous avec Mathilde Chabot

Un nouveau rendez-vous se met en place sur le blog aujourd’hui, un entretien avec un auteur afin de mieux le connaître et d’en savoir un peu plus sur son écriture et l’univers qu’il a construit.

Mathilde Chabot ouvre le bal et se livre aux questions qui vont suivre à propos de L’Industrie du bonheur, son troisième roman. Ni de jour ni de nuit, De mots en mains sont également disponibles et touchent les lecteurs de tout âge. Actuellement rédactrice web, elle a fait auparavant un master Livre et médiations.

L’autrice nous offre un roman entre fiction et développement personnel. L’écriture nous embarque dès les premiers mots. On est touchés par ses deux personnages féminins, l’une nous émeut, l’autre nous redonne le sourire…

L’Industrie du bonheur, c’est le portrait de deux femmes qui s’entrecroisent, que l’on voit grandir et s’épanouir.

Kate dès son plus jeune âge veut rendre les gens heureux. C’est par une rencontre hasardeuse qu’elle croisera le chemin d’un inventeur bariolé Stephen. Auprès de lui, sa vie va changer.

Maïwenn est la seconde, elle est loin de connaître la plénitude. La jeune fille a une relation destructrice avec sa mère. Son corps comme son esprit souffrent. Les mots vont lui permettre de guérir, la présence chaleureuse de Kate va la réconforter.

Elles apprennent l’une de l’autre et arborent toutes deux un sourire sur les lèvres…

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  • Qu’est-ce qui a déclenché l’écriture de ce roman ? Combien de temps cela t’a pris ?

J’ai commencé l’écriture de ce troisième roman juste après l’autopublication de mon deuxième. C’est d’abord dans la peau du personnage de Maïwenn que je me suis plongée à l’époque. J’avais besoin d’extérioriser un certain nombre de choses et l’écriture était le seul vecteur qui me soulageait.

Cela a coïncidé avec mon entrée en Master Livres et Médiations. Lors de l’entretien avec les professeurs, je me suis heurtée à deux personnes profondément contre l’autoédition, qui, sans même avoir vu mon livre, sans connaître mon style d’écriture, sans savoir de quoi cela parlait – sans rien savoir du tout en fait – m’ont clairement fait comprendre que je n’avais pas ma place au sein des métiers du livre. Pourquoi ? Parce que j’avais osé m’écarter du chemin traditionnel.

Cette rencontre m’a brisé sur le plan de l’écriture. J’étais (et je le suis encore) facilement influençable et pour moi, deux adultes, deux professeurs qui plus est, ne pouvaient avoir que raison.

A l’époque, cela faisait déjà un an que je planchais sur L’Industrie du bonheur, que j’appelais alors De tous mes Silences. J’ai choisi de mettre de côté mes écrits à l’époque afin d’entrer dans ce Master, me rendant vite compte que ce que j’avais appris en autoéditant mes livres me servait bien plus que ce que j’aurais pu le penser après cette première entrevue.

D’ailleurs, lorsqu’au bout de quelques mois j’ai commencé à envoyer des CVs à des maisons d’édition pour intégrer leur équipe le temps de stages facultatifs et obligatoires, contre les préconisations de ces deux professeurs, je n’ai pas enlevé la petite ligne concernant l’autoédition dans mon CV. J’en ai même parlé dans ma lettre de motivation.

Et là, ce fut le retournement de situation.

Un premier stage de 2 mois aux Editions de Terran m’a été proposé, puis un deuxième stage de 6 mois, prolongé par un CDD de 4 mois aux Editions Millefeuille. Pourquoi m’avait-il pris ? Parce que j’avais fait de l’autoédition : ce qui prouvait, à leurs yeux, que je serais parfaitement autonome à mon poste.

Cela a commencé à soigner ma blessure avec l’écriture et j’ai pu me remettre à mon roman. Après mes études, en vadrouille pendant 2 ans (Irlande et Corée du Sud principalement), ma langue principale au quotidien est devenue l’anglais… C’est donc en anglais que je me suis glissée dans la peau de Stephen Skye. L’écriture n’en a mis que plus longtemps, puisque je commençais en parallèle à traduire les « cahiers de Maïwenn».

En rentrant de mon long périple, j’ai fait une longue pause, d’un an environ. Anglais, français, j’étais partagée et je n’arrivais pas à prendre de décision. J’ai commencé à travailler en tant que rédactrice Web et jongler entre les deux écritures me fatiguait. J’étais perdue dans mon plan (c’est ma faute, je déteste les plans… !) et je n’arrivais plus à organiser l’histoire.

Le déclic final, je l’ai eu fin janvier. Je venais de subir une chirurgie réfractive et pendant la cicatrisation de mes yeux, je ne voyais pas grand-chose. Je ne me souviens plus quand j’ai ouvert le mail. Juste avant ou juste après l’opération. Mais, allongée dans le noir (pour reposer mes yeux), nuit et jour, ce mail me trottait dans la tête. C’était un concours d’écriture sur le développement personnel. Mais pas n’importe lequel : un concours d’autoédition. C’était une occasion en or : je pouvais participer à un concours et autopublier mon livre par la même occasion. La deadline : le 31 mars 2019. Et les deadlines, il n’y a rien de tel pour finir un livre !

C’est à ce moment-là que j’ai créé le personnage de Catherine et que mon histoire s’est organisée d’elle-même. J’ai fait beaucoup de tri à cette occasion, notamment concernant les « cahiers de Maïwenn » qui étaient à l’origine 2 ou 3 fois plus long !

Au total, l’écriture de L’Industrie du bonheura pris 5 ans. Avec de longues périodes de pause.

  • Quelle est ta routine d’écriture ?

Ma routine d’écriture… je n’en ai pas vraiment. Je commence à écrire tous les matins à 8 heures pour le boulot. Je suis rédactrice Web. Le soir, j’ai rarement envie d’écrire, mais quand ça me prend, que ce soit en journée ou le soir, je ne lutte pas. Parfois, il est même déjà tard et je suis sur le point de dormir, mais j’ai une idée et il faut que je la note. Et, quand je commence, je ne peux plus m’arrêter.

Je ne veux pas m’astreindre à une routine pour l’écriture d’un livre. Cela doit rester de l’écriture-plaisir.

  •  Est-ce que l’écriture ou la lecture peut être un moyen de se sentir mieux, de se libérer de ses blessures ?

La lecture a été pour moi un véritable élan de liberté. J’ai assez mal vécu mon enfance et mon adolescence. Les livres étaient pour moi ma seule réelle échappatoire. Je me dissociais totalement de la réalité et j’entrais dans des mondes qui m’ont autorisé à croire en la possibilité d’un avenir meilleur. Sans les livres, je ne sais pas où je serais aujourd’hui. Ils m’ont tellement appris. Ils m’ont tellement aidé.

Il en va de même pour l’écriture. Pendant des années, j’ai écrit en secret. J’ai déchiré et détruit de nombreux feuillets. L’écriture m’avait fait un bien fou mais je ne voulais pas que quelqu’un tombe sur mes mots. L’écriture des « cahiers de Maïwenn » a été pour moi un vrai défouloir, une thérapie même. Des premiers brouillons aux quelques pages qu’il en reste dans L’Industrie du bonheuraujourd’hui, il s’est peut-être écoulé 10 ans. Ecrire est un acte pour résister à l’oubli. Ce que j’ai écrit, je peux m’autoriser à l’oublier, parce que ce livre sera désormais toujours là pour me le rappeler quand j’en aurais besoin. Mais le reste du temps, je peux vivre sans en me sentant plus libre.

Ecrire c’est aussi se libérer de ses blessures. J’ai créé de toutes pièces les personnages dont j’avais besoin pour me soigner. Stephen, Maureen et Catherine, ce sont des personnages qui ont la joie de vivre et qui la communique. Ce sont eux qui m’ont aidé à aller mieux.

  • Maïwenn et Kate sont très différentes, est-ce que c’était facile d’alterner leurs points de vue au cours du récit ?

Très difficile. J’ai écrit Maïwenn et Kate à des époques différentes, le voilà mon petit secret. J’ai créé Kate début février 2019 alors que Maïwenn et un personnage que je travaille depuis des années. Mais en vérité, il y a un peu de moi dans tous mes personnages. Différentes facettes de ma personnalité, différentes époques, etc.

  •  Comment as-tu construit l’univers de ce roman qui t’est si propre ?

Je l’ai construit comme un puzzle. J’ai construit Maïwenn, puis les inventions bariolées, puis Stephen Skye et enfin le balayeur de neige. Maureen et Kate sont venues beaucoup plus tard et Lucas à la toute fin.

D’ailleurs, la fin du roman a changé 3 fois. Les deux premières ne me satisfaisaient pas, raison probablement pour laquelle je n’ai jamais réussi à terminer ce roman auparavant.

  • Envisages-tu le statut d’autrice comme un métier à temps plein ou as-tu besoin de diversifier tes travaux ?

Je suis pour le moment rédactrice Web à temps plein et je me dégage du temps pour écrire des romans. Vivre de mon écriture est un rêve de petite fille que la rédaction Web est venue à demi combler. Mais ce ne sera jamais la même chose que d’écrire des romans, échanger avec les lecteurs et créer tout un univers, mon univers. J’espère qu’un jour, j’aurais la possibilité d’être autrice à temps plein, pour le moment je fais mon petit bonhomme de chemin, et on verra bien ! Comme le balayeur de neige ! 😉

  • Que faire face à la page blanche ?

Tourner en rond, puis décider de sortir pour tourner en rond dehors plutôt que dedans. S’asseoir face à sa page blanche. Prendre le stylo en main. Et se résigner à tourner de nouveau en rond ? 

La page blanche, il y a quelques temps encore, je me sentais très mal lorsque ça m’arrivait. Maintenant, je range mon cahier et je passe à autre chose. Des fois, je réorganise tout mon appartement, je range mes livres autrement.  Et puis, quand j’y songe le moins, les idées me viennent et après je ne peux plus les arrêter.

  • Envisages- tu une suite ? 

Oui. Les premiers retours des lecteurs sont très positifs et j’ai déjà eu de nombreuses demandes. Certains et certaines veulent en savoir davantage sur le balayeur de neige, d’autres sont intéressés par Stephen Skye et ses inventions bariolées et d’autres encore par Kate, la raccommodeuse de sourires.

Après avoir pensé pendant des années que mon livre s’appellerait De tous mes silences, j’ai pensé un temps l’appeler Les inventions bariolées de Stephen Skye. Ecrire une suite n’était donc pas une idée qui m’était étrangère.

J’ai commencé un brainstorming assez complet sur Les aventures du balayeur de neige. Il y a de très grandes chances que ce soit donc le prochain tome qui voit le jour. De plus, nouvelle deadline trouvée avec un nouveau concours d’autopublication : le 31 août 2019 ! Mais chuuut, je n’en dis pas plus pour le moment.

  • Quels sont les auteurs qui peuvent t’inspirer et te servir de modèles ?

Mes auteurs préférés sont J.K. Rowling et la saga d’Harry Potter, Pierre Bottero et tous ses livres, Tiburce Oger et ses BD, Rachel Joyce et son roman The Unlikely Pilgrimage Of Harold Fryqui a été un véritable coup de cœur littéraire.

  • Que conseilles-tu à une personne qui veut se lancer dans l’écriture ?

D’écrire. J’échange actuellement avec beaucoup de lecteurs mais aussi avec des personnes travaillant dans la chaîne du livre « traditionnelle » et le regard sur l’autoédition a profondément changé par rapport à il y a 5 ans. C’est très encourageant. Cela permet de se faire un premier lectorat, d’avoir des retours constructifs et objectifs et de pouvoir ensuite faire mieux.

J’espère que cet échange vous a plu et vous aura donné envie de découvrir L’Industrie du bonheur. Vous pouvez vous rendre sur le profil Instagram de Mathilde pour suivre les aventures de ce roman. Elle peut également vous le dédicacer, toutes les commandes partent le lundi.

Belle lecture,

Anaïs

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