Edmonde – Dominique de Saint Pern

Edmonde est une fresque historique et sociale, celle des années 30 jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale. C’est le premier volet d’un grand portrait, celui d’une femme qui a eu une vie palpitante : Edmonde Charles-Roux. Certains la connaissent parce qu’elle était l’épouse de Gaston Defferre, d’autres parce qu’elle était écrivaine et membre du Prix Goncourt. Dominique de Saint Pern nous embarque sans difficultés dans un autre temps.  Ce roman est passionnant, on découvre une femme aux multiples facettes.

Le récit débute dans le temps présent, celui où Edmonde a 93 ans soit deux années avant de mourir. Elle décide d’exhumer son passé et fait remonter des cartons de souvenirs de la cave. Cela va être la matière pour ses mémoires, on les réclame car c’est une grande dame. On apprend que son père était ambassadeur, elle a donc beaucoup voyagé enfant avec son frère Jean, sa soeur Cyprienne et sa mère Sabine. Ils ont vécu à Prague, Londres et Rome. Au fil du récit, des photographies d’époque sont insérées et elles sont de toute beauté. Edmonde comme sa soeur était une belle femme en plus d’être intelligente. Son enfance a été nourrie par la solitude, les voyages, baladée de nurse en nurse. En exhumant ce passé, c’est comme si elle s’adressait à sa mère. Elle fait le point sur ce qu’elle a vécu.

En 1938, Edmonde est à Rome. Elle a 18 ans, le monde s’ouvre à elle. On est plongé en Italie. Par le métier de son père, on voit le fascisme en pleine expansion et les inquiétudes que cela amène. Elle est amoureuse de Camillo, il perdra la vie au combat. L’année suivante, François souhaite protéger ses enfants, il les envoie à Marseille dans le domaine familial avec leur mère. Une fois la guerre déclarée, Jean s’engage, Edmonde s’inscrit à la Croix Rouge. La ville subit des bombardements réguliers. La guerre s’installe peu à peu. François est de retour au gouvernement de Vichy, cette position ne lui plaît pas. Il va démissionner. Edmonde tient un journal de guerre, elle écrit ce qu’il se passe, ses émotions.

À partir de 1942, les Allemands sont à Marseille. Cette guerre est longue et pénible. Edmonde se rend à Paris, elle a 23 ans. Elle fait la rencontre de Roger de Vilmorin avec qui elle a une relation par la suite mais sans s’engager totalement. Camillo reste l’amour de sa vie. Edmonde est préoccupée par sa soeur. Marié à un baron italien travaillant pour l’ambassade de Bruxelles, ils sont fait prisonniers de guerre. Cyprienne garde la tête haute mais elle est très amaigrie et inquiète pour sa petite fille. Edmonde fait ce qu’il faut, elle récupère sa nièce en faisant jouer les relations de la famille.

1944, une loi oblige les Françaises de 18 à 45 ans à travailler. Edmonde est de retour à Marseille où elle habite dans la villa de sa grand-mère pour prendre soin d’elle. Cette dernière accueille de nombreuses personnes et les cache des Allemands. La résistance se met peu à peu en place. Edmonde en fait partie. Elle est à nouveau infirmière. La faim est de plus en plus présente, il est difficile de nourrir tout le monde. Pour se changer les idées, on dit que les Anglais vont bientôt débarquer pour sauver la France avec le Général de Gaulle. Les bombardements sont de plus en plus fréquents et détruisent tout. Marseille finit par être libérée, la guerre se termine mais laisse beaucoup de traces. La reconstruction va être lente.

Ainsi se termine le récit, de façon un peu abrupte puisqu’on ne sait pas qu’il y a une suite. On peut l’imaginer, il va falloir être patient pour savoir comment Edmonde a rebondi ainsi que son frère qui souhaite être prêtre ou encore Cyprienne, Sabine. Edmonde est destinée à une vie tumultueuse. Le pire est sûrement derrière elle.

Je ne peux que vous conseiller ce roman que j’ai dévoré. Il faut bien entendu aimer l’Histoire, c’est très enrichissant d’en apprendre autant au fil de la lecture. On voit la fin de l’Europe et de ses us et coutumes pour laisser place à la modernité qui a du tout détruire et connaître l’horreur afin d’exister. Edmonde a une sorte d’aura. Elle m’a fait penser à Martha Gellhorn que j’admire.

Une belle lecture !

Bon dimanche,

Anaïs

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