La petite fille sur la banquise – Adélaïde Bon

Adélaïde Bon nous partage un témoignage percutant, ses mots nous touchent en plein coeur. La petite fille sur la banquise, c’est le résultat d’un traumatisme, d’années de souffrances ensevelies, recueillies dans des petits carnets bleus.

Elle a 9ans, habite à Paris. Elle a été violée. Ses parents portent plainte pour agressions sexuelles. Elle a promis de ne rien dire. Le silence sera la clef autant avec son agresseur qu’avec ses parents, tout le monde a tourné la page sauf elle. Bien que son cerveau la protège en enfouissant certains souvenirs de ce jour, son corps garde les séquelles.

“ Elle est morte. Personne ne semble s’en rendre compte”.

L’autrice s’adresse à la petite fille qu’elle a été et qui a été brisée. Son enfance fut courte. Désormais, elle doit se battre chaque jour pour garder la tête hors de l’eau. Elle mange pour répondre à sa tristesse qui l’envahit, pour contrer les méduses qui s’accrochent à elle. Les années passent, les symptômes s’accumulent : crises d’angoisse, épilepsie etc. L’écriture va être un moyen de se vider, sortir ce qu’elle a en elle, cette noirceur. Ses petits carnets bleus l’accompagnent, ils serviront par la suite à rassembler ses souvenirs pour le procès mais également pour l’écriture de ce livre.

Elle souhaite devenir comédienne, Adélaïde suit des cours. Elle sera engagée pour différents spectacles. L’horreur va se reproduire à nouveau. Elle subit des attouchements par un autre acteur. Les méduses se rappellent et se nourrissent de ce qu’il vient de se passer. Des pulsions suicidaires sont présentes, elle n’y répondra pas. Tout un rituel de reconstruction se met en place, Adélaide suit des ateliers, une thérapie sans atteindre la source du traumatisme. Elle ne fait pas le lien avec l’année de ses neuf ans, ça ne peut pas être ça.

Son corps lui n’a pas oublié, son bassin ne ressent plus rien. Pas de plaisir, que des douleurs. Elle se fait violence comme une pulsion. Elle prend sur elle lors des relations sexuelles avec ses partenaires, il y a des choses qu’elle ne peut cependant laisser faire. Cela la dégoûte. Celui qui va devenir son mari arrive à changer les choses petit à petit, elle lui a tout raconter du moins ce dont elle se rappelle. Elle réapprend à aimer le sexe, à s’aimer. Elle tombe enceinte, un petit être vient alors détruire son intimité, son espace à elle. Adélaïde panique.

L’impunité des hommes est parfois rattrapé par la justice. On appelle Adélaïde Bon pour lui dire qu’on a retrouvé son agresseur. De nouvelles procédures se mettent en place et cela réouvre un chapitre de sa vie. De nombreuses femmes ont subi les mêmes atrocités enfant.

“ Une autre petite fille habite sur la banquise. Je ne serai plus jamais seule”.

Elle va requalifier le sujet de sa plainte après avoir suivi une thérapie avec une psychologue spécialiste en troubles psychotraumatiques. Elles vont réussir à faire remonter ce qui s’est vraiment passé. Elle n’as pas subi des attouchements mais a été violée. Elle attend beaucoup du procès, pouvoir faire face à cet italien récidiviste, manipulateur. Il ne se sent d’aucune façon coupable. Beaucoup de témoignages vont être rejetés car les femmes minimisent ce qu’elles ont vécues. Pour Adélaïde Bon, ce n’est pas facile de vivre ses jours de procès mais elle est soutenue par ses parents, sa soeur, son mari ainsi que des amis. Elle n’est plus seule et sa voix s’allie à celle des autres femmes.

Ce témoignage est bouleversant, il marque une vie de lecteur. De plus, il est important de porter une texte où l’on évoque les agressions sexuelles. Adélaïde Bon nous montre comment cela l’a impacté années après années. Le combat est long, elle rompt le silence.

À partager,

Anaïs

 

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