Le Tour de l’oie – Erri de Luca

Erri de Luca est un auteur que j’ai découvert avec La Nature exposée. Cet homme est un grand érudit ! Il parle de nombreuses langues, se consacre à l’étude des textes religieux alors qu’il ne croit pas à une puissance divine. Ses romans sont courts mais intenses. Il traite souvent de nombreux sujets tels que la place de l’homme dans le monde, ses croyances ou ses actes. Je vous encourage vivement à découvrir cet auteur si ce n’est pas le cas.

Le Tour de l’oie, c’est le tour de sa vie. Il évoque des souvenirs en s’adressant au fils qu’il n’a pas eu et qui est assis à sa table. Ce dernier interagit avec lui, lui pose des questions ou partage ses réflexions. Ils ne sont pas toujours d’accord. Cependant, ce procédé permet une fluidité dans la narration où chaque mot a sa place. De Luca nous parle de ses parents, de sa vie amoureuse par bribes, de son engagement en tant que “révolutionnaire” ou dans la guerre de Bosnie. L’écriture est également un sujet de prédilection. De Luca raconte des histoires, son histoire au fil de ses écrits. Le jour où il a pu en vivre, il s’y consacre pleinement.

Cet enfant qu’il invente a un poids, il est sans âge et nous captive. On ne remet pas en question sa place, il est présent le temps d’une lecture ou d’un rêve éveillé de l’auteur. Il est tel qu’il aurait voulu qu’il soit. En évoquant ses parents, l’auteur lui retrace un héritage. Celui d’une langue, l’italien, mais aussi le napolitain que parlait son père. Une ville et son vécue, Naples. Cette figure paternelle était un artiste alors que sa mère était parfois dure, les pieds sur terre. Elle a été traumatisée par la Seconde guerre mondiale et ses bombardements. La lecture est un abandon qu’elle cultive. De Luca est un grand lecteur comme on peut s’en douter. Borges est incontournable mais il boude Proust ou Sartre. Ses parents ne sont plus aujourd’hui mais ils restent des compagnons de route à qui il peut parler.

En une centaine de pages, c’est comme si l’auteur rattrapait le temps avec son fils ou alors on a l’impression qu’ils ne se sont pas vus depuis longtemps. Le lecteur se retrouve au coeur de leur intimité. C’est puissant et beau !

“ Les mots, mon fils, n’inventent pas la réalité, qui existe de toute façon. Ils donnent à la réalité la lucidité soudaine qui lui retire son opacité naturelle et ainsi la révèle. Les mots sont l’instrument des révélations”.

Je vous recommande chaudement la lecture de ce roman qui retrace le parcours de de Luca de façon épisodique. Sa prose est poétique, profonde.

L’avez-vous lu ?

Anaïs

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