Les os des filles – Line Papin

Line Papin est une auteure dont je suis le travail. Je l’ai découverte avec Toni, un sublime roman centré sur un jeune homme à la lisière de la société. On le voit grandir, expérimenter. Son cousin offre des bribes de sa vie, lui rend hommage. Partez à la découverte de ce roman, vous ne le regretterez pas.

Dès les premières pages, son écriture nous emporte dans son univers. L’éveil ainsi que son dernier roman Les os des filles (sortie le 3 mars) sont autobiographiques, plus intimistes. Elle se nourrit de sa vie, de ses blessures. Née à Hanoï, elle quitte le Vietnam à ses 10 ans pour découvrir la France. Cet arrachement, elle le partage dans Les os des filles. L’univers que Line Papin nous offre m’a fait penser à Marguerite Duras ou encore à  Et soudain la liberté d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent. Un exotisme qui attise notre curiosité.

Ce roman est un retour aux sources, un voyage en elle-même pour recoller deux parties d’elle, la petite fille qu’elle était au Vietnam et ce qu’elle est devenue en France, une guerrière. Pour cela, elle a besoin de retourner dans ce pays qu’elle a tant aimé. Elle va se rendre compte qu’Hanoï a bien changé. Cela va lui permettre de tourner la page. Elle remonte les générations de sa famille vietnamienne pour mieux comprendre son attachement à ce pays, ce qui fait ce qu’elle est aujourd’hui.

Le récit débute au moment de la seconde guerre mondiale. Ce contexte explique la pauvreté des populations notamment dans les campagnes. On perçoit la faim, la maigreur des corps. La guerre d’Indochine va suivre en 1968. La situation du pays est compliquée. La grand-mère de Line, Ba vit avec sa mère et son mari à Hanoï. Ils ont quitté la campagne. Trois filles vont voir le jour, elles sont nommées les trois « H ». Elles n’ont pas de prénoms, peu d’individualité. Elles ont une seule voix, celles des femmes et forment un roman chorale.

Elles devinrent des femmes ensemble, toujours sous le même toit car c’est ainsi que l’on vit là-bas, avec sa famille entière.

Des années plus tard, Line naît en 1995. L’auteure dit “tu nais” comme si elle prenait de la distance ou le bébé dont elle parle n’est pas elle. Ce roman est comme une grande lettre adressée à elle-même. Elle va recevoir l’amour de sa grand-mère, ce qui va contrer l’absence d’amour maternel et paternel. Le couple décide d’avoir leur propre appartement. L’arrachement commence ainsi. Sa vie est en attente, elle est entre l’Occident et l’Orient. Heureusement pour la petite fille, elle a une nounou bienveillante qui prend soin d’elle. Elle se plaît dans ce quartier, elle a des camarades de jeu. Elle fait désormais partie d’une famille aisée, déconnectée d’Hanoï.

2005, année du départ. Ba se retrouve seule avec son mari et une de ses filles. La famille est éclatée. Elle s’engage, manifeste mais perdra son dernier combat en décédant du cancer. Une figure importante s’éteint. Line quant à elle doit aussi se battre contre un pays qui lui est étranger tout comme sa nouvelle famille mais aussi sa mère et son père. Le quotidien est stable, calme. Elle ne comprend pas ce départ précipité. Line va se ronger de l’intérieur, elle devient anorexique et sa famille ne sait comment la sauver. Elle va être hospitalisée pour sauver son tas d’os. La littérature est une escapade. Elle permet d’oublier. Son mal-être va avoir des conséquences définitives “c’est fini pour les os et les eaux”.

Un déclic va se faire, elle va vivre pour elle, apprendre à s’aimer. Les os des filles est un roman générationnelle, un roman pansement. Line Papin a un style percutant qui nous emporte à travers le Vietnam et le temps. J’ai été conquise ! Lecture que je recommanderai dès sa sortie…

Belle lecture,

Anaïs

Un commentaire Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s