Einstein le sexe et moi – Olivier Liron

Einstein le sexe et moi est le second roman d’Olivier Liron, une pépite ! Si vous ne connaissez pas cet auteur, préparez-vous à une belle rencontre pleine d’humanité. Ce roman c’est l’histoire d’une transformation car il  y a un avant Question pour un champion et un après. O. Liron a des facilités, s’il faut le ranger dans une case on peut dire qu’il est autiste Asperger. Il raconte son histoire, celle d’une enfance loin d’être facile où l’on n’a pas le droit d’être différent. Il nous livre ce qui fait de lui l’individu qu’il est aujourd’hui, ce qui le constitue. Il aime les lasagnes, le chocolat à l’orange et le houmous, comme vous et moi. Cet objet est aujourd’hui entre nos mains parce qu’il a gagné Question pour un super champion et ainsi il peut se consacrer à l’écriture. Un rêve qui devient réalité, une revanche sur la vie.

Même si l’auteur est agrégé et a quelques facilités, il doit tout de même réviser. Seulement, il a une méthode bien à lui : apprendre par coeur des listes. Wikipédia devient une source intarissable, il va tout faire pour être le meilleur. Le grand jour arrive, “c’est Julien Lepers ou la mort”. Concentration maximale, il est prêt à appuyer sur le buzzer. Julien Lepers semble complice avec le jeune homme, il a un visage humain. Les questions s’enchaînent, les réponses appellent des souvenirs. Ceux liés à la famille, à l’école, à l’amour.

Ses grands-parents maternels étaient espagnols, immigrés et non émigrés comme disait sa grand-mère. Sa mère a souhaité oublier cette partie de l’histoire et elle n’a pas appris à ses enfants la langue maternelle. Cependant, elle lui a donné le goût de la connaissance, de la botanique et cela va lui servir pour répondre sans hésiter. Il sait aussi reconnaître les oiseaux. Quant à l’école, il se faisait martyriser par ceux qu’on peut nommer ses camarades. Il se rappelle qu’un jour une de ses professeurs il lui a dit qu’il était bon d’être différent. Un peu de bon sens dans ce monde conformiste. Bon élève, il a pris la voie royale :

“ Baccalauréat à 17 ans, classe préparatoire littéraire à 18 ans, entrée à l’Ecole normale supérieure à 20 ans. Agrégé à 23 ans. Enseignant à la Sorbonne à 24 ans. Julien Lepers à 25 ans”.

Que demander de plus ? Le mode d’emploi des femmes ? Être heureux ? S’aimer. Les insultes ou les coups de son enfance l’ont marqué, il se perçoit comme un « monstre ». Apprendre pour oublier la solitude. Gagner pour réaliser ses souhaits. Thoreau était aussi solitaire, rigoureux dans la nomination de ce qui l’entoure, amoureux de la nature et c’était un homme admirable.

“Ma forteresse à moi est faite de solitude et de colère. Ma forteresse à moi est faite de poésie et de silence. Ma forteresse à moi est faite d’un long hurlement. Ma forteresse à moi est imprenable et j’en suis le prisonnier”.

On trouve de beaux passages dans son roman au ton parfois plus grave, ils nous touchent  par leur profondeur. Olivier Liron se protège par l’humour mais se dévoile aussi de façon poétique. La lecture de ce roman est fluide, prenante. On aimerait avoir plus de bribes de sa vie, le connaître un peu plus.

C’est un roman que je vais recommander sans difficultés et je suis heureuse d’avoir découvert sa plume qui m’a conquise.

Belle après-midi,

Anaïs

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