Adoration – Jimmy Lévy (Rentrée littéraire 2018)

Il y a des auteurs qui marquent votre parcours de lecteur et Jimmy Lévy en fait partie. Petites reines a été un gros coup de coeur lors de la rentrée littéraire de septembre 2017. Vous pouvez retrouver mon avis dans un article dédié à ce roman, une vraie pépite. Il était question de deux femmes bien différentes. Une jeune fille qui vivait dans une tribu ancestrale et une vieille femme acariâtre qui ne souhaite qu’une chose, mourir. Cette lecture a été une vraie claque tant la poésie de l’auteur nous saisit. Si vous avez aimé Adoration, foncez !

 

Les premiers mots de ce second roman comblent les attentes de ceux qui connaissent la plume de l’auteur. On retrouve les notes poétiques, la force de son écriture. Adoration c’est le portrait d’une femme mais surtout celui qu’il a aimé d’un amour fou.  Le début du roman est assez énigmatique, ce sont des bribes de souvenirs, de scènes vécues souvent dans un désordre chronologique. Le lecteur est un peu perdu et le narrateur se joue de lui. L est une femme solaire, elle capte toute l’attention. Elle est admirée de tous et ça lui plaît. Elle m’a fait penser à Nadja de Breton, une femme volatile, fragile ou encore Mona de Miller.

Adoration est le quotidien d’un homme qui est fait prisonnier de la femme qu’il aime. Elle le malmène, le rejette pour mieux le reprendre : “ Elle emprisonne mon corps comme elle se claustre dans son abîme”. Tous deux sont mariés, parents d’un petit garçon. Ce dernier voit son père tenter vainement de sauver leur famille, un quotidien voué à l’échec. Une mère anorexique qui se nourrit de médicaments ne peut qu’être un spectre errant dans leur appartement. On apprendra par la suite qu’elle est bipolaire d’où ses nombreux troubles. Beaucoup de défauts sont présents pour la caractériser pourtant on lui porte un amour incommensurable.

“ L s’acharne, dans sa perdition, à vider l’avenir, à le transformer en impasse”

Il y a eu quelques tentatives de fuite pour cet homme qui n’arrive pas à s’échapper de cette emprise néfaste. Le jour où elle l’accuse de le battre et porte plainte, il se sait condamné. Une fois sorti, il part dans le sud mais elle persiste. Il ne peut exister que par elle, vivre à travers ses désirs. Il se prosterne dès qu’il la voit. Sa part de folie fait d’elle une femme qui nous subjugue et nous captive. Il doit sauver son fils, se sauver avant qu’il ne soit trop tard. La délivrance se fera grâce à une autre figure féminine dont on ne connaît le nom.

Un petit extrait magnifique :

“ L ne t’aime que de t’inventer perpétuellement dans les rôles qu’elle t’assigne, dans tous les rôles possibles, dans son écriture inachevable, toujours recommencée. Tout ce qui se tisse dans la texture de son texte est un tissu de mensonges, un pur produit de sa vérité. L est de pure littérature”.

L’adoration est éternelle, inoubliable. Fuyez si vous connaissez un tel amour, ces histoires d’amour fou finissent toujours mal.

 

Un roman percutant, un auteur qui ne me déçoit pas !

Belles lectures,

Anaïs

Un commentaire Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s