Simple – Julie Estève (Rentrée littéraire 2018)

Gros coup de coeur pour ce roman de la rentrée littéraire qui approche. Les éditions Stock proposent des titres prometteurs. Simple, c’est l’histoire d’Antoine Orsini. Il est “mort et le soleil n’y peut rien”. La première phrase est percutante à l’image du roman. L’autrice déploie une langue sublime qui ne peut nous laisser indifférent.

Curieux personnage mais passionnant, Antoine est pris pour l’idiot du village. Il vit en Corse, proche de la nature et naïf, il nous dévoile des bribes de sa vie. C’est quelqu’un de lucide sur ce que l’on pense de lui, sa perception du monde est intéressante. Il va conter le récit de sa vie à une chaise qu’il amène partout avec lui pour se rappeler les souvenirs heureux ou bien au contraire. Des années après être sorti de prison, il vit dans une extrême pauvreté. Il survit comme il le peut avec des revenus quasi inexistants. Le suspens perdure quant à l’objet de sa condamnation mais il se veut innocent. Elle est liée à une jeune fille qui attire tous les regards : Florence Biancarelli, elle a 16 ans et un corps de rêve.

Elle ressemblait au soleil au zénith. La regarder, ça faisait suinter les yeux.

Il va la suivre pour rendre des comptes à son ami qui est amoureux d’elle, ce qui va lui causer problème par la suite. S’il est allé en prison, c’est à cause d’elle.

Personne ne l’appelle Antoine Orsini, il souhaiterait que cela change mais les esprits corses n’oublient pas. Son langage est cru, il avoue avoir eu une certaine haine contre les Parisiens parce qu’il en est ainsi sur son île. Il change d’opinion. Cependant, il est incapable des accusations qu’on porte sur lui. Simple est un roman qui remet en cause la perception que l’on peut avoir sur les individus qui nous entourent, ceux qui sont à la lisière de la société et que l’on ne veut pas intégrer. C’est également les sentiments d’un homme qui est passé à côté de sa vie, seul face à lui-même. Une grande injustice qui fait perdre quinze années d’une vie à un homme qui aurait préféré être au contact de la nature. Toute cette histoire sort de l’imagination de Julie Estève alors que l’on pourrait croire que c’est un témoignage, épatant !

Une lecture qui marquera mon parcours de lectrice, cela me donne envie de découvrir Moro-sphinx son premier roman.

J’attends vos retours de lecture,

Bien à vous,

Anaïs

 

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