Toni – Line Papin

Un second roman éblouissant ! L’auteure n’a que 22 ans et quelle plume ! Un vrai coup de coeur pour Toni paru aux éditions Stock. Toni, un personnage lunaire qui nous captive jusqu’à la dernière page. Ezra, son cousin, nous dresse un portrait tout en émotion.

Toni passe toutes ses vacances dans le domaine familiale qui est une véritable aire de jeu pour son imagination. Il entraîne ses cousins et cousines dans un conte à ciel ouvert qu’il brode à chaque rassemblement. C’est le maître des lieux, son rôle ne prend jamais fin. Les journées sont ponctuées par les jeux, les rires. Toni ne veut pas grandir contrairement aux autres car ils ne perçoivent plus le territoire imaginaire. Solitaire, il accepte de passer l’été de ses quatorze ans avec son cousin Ezra. Ils cohabitent à Hambourg. Toni prend plaisir à prendre des photos, art qui lui permet de mettre en scène, capter des moments suspendus.

La mort de Katerina, mère de Toni, va marquer un tournant. Son absence va peser, créer un vide. Il vit désormais de manière permanente avec son cousin qui le recueille et vit au plus près de lui. Toni ne veut plus se confronter à l’école et fait comme bon lui semble. La musique et la photographie rythment ses journées. Il devient une ombre.

Mes souvenirs n’existent plus. (…) Je n’ai plus de passé.

Son cousin est moins admiratif de Toni, il le voit changer. Il ternit l’image de la famille. Ce sont deux opposés pourtant, ils restent liés. Ezra a la possibilité de poursuivre ses études à Berlin, ils y vont tous les deux. Toni trouve un palais abandonné qu’il décide de réhabiliter. Ezra et leurs deux colocs l’aident. Ils arrivent à construire un vrai refuge où règnent la fête, la folie. Toute la jeunesse berlinoise s’y rend. Ils sont dépassés par l’événement. Toni est dans son univers, fantasque. Il y voit le palais de son enfance plus abouti. L’environnement m’a rappelé un roman qui m’a beaucoup touchée : Christiane F. Toni est tellement solaire qu’il fait vivre une ville, tout est hors du temps dans les murs du palais. Le jeune homme laisse peu de place à Ezra qui est dans l’ombre, fidèle mais lasse. L’usure va venir à bout de tout, du palais et de Toni. Pour Ezra :

Berlin existe. Kambrera est un vieux rêve d’enfant, une plaisanterie. Kambrera n’existe pas. C’est de la merde.

Toni se perd, son corps ne suit plus. Il finit par disparaître. Ezra part en quête de le retrouver. C’est son héros, il écrit sur lui, sur ce lien profond et indivisible qu’il y a entre eux. Un portrait sublime, une écriture qui ne peut que vous transporter dans ce monde imaginaire.

A découvrir !

 

2 commentaires Ajouter un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s