La fille du Van – Ludovic Ninet

La fille du van est un premier roman bien écrit, haletant & sombre. On y découvre des personnages à la lisière de la société, un peu perdus. Pierre, Sonja, Sabine et Abbes ponctuent la narration par leur quotidien.  Soudés les uns aux autres, ils tentent de survivre dans cette société destructrice.

Sonja est la « fille du van », celle qui fuit sa famille, son ancienne vie. Un choix qui l’oblige à mendier pour manger. Femme attirante, Pierre, la cinquantaine et boucher, est séduit. Elle ne peut oublier ceux à quoi elle veut échapper, son expérience en tant que militaire en Afghanistan. Une blessure à vif qui ne se cicatrice pas. Elle a pourtant un mari et un enfant qui attendent son retour mais elle n’est pas prête. Sa vie a été gâchée par la soi-disante guerre contre le terrorisme : une lutte inexistante de la démocratie. Grâce à Sabine qui est caissière dans un supermarché, elle arrive à décrocher un poste de mise en rayon. Ce n’est pas fait pour elle. Sabine est également attirée par Sonja. Les deux jeunes femmes se laissent tenter par la sensualité des corps. Sonja ne ressent rien comme pour tout. Elle voudrait exister à nouveau mais cela est impossible pour le moment, elle n’et pas prête.

Ton corps n’est qu’un corps

Pierre, personnage inspiré de Pierre Quinon, premier champion olympique de saut à la perche, s’évanouit après son succès. Il finit par se rapprocher de Sonja, il la fait se sentir vivante, s’épanouir. Abbes, quatrième et dernier personnage principal, gravite autour de Pierre. Il a fait de la prison pour braquage et veut partir en Algérie auprès des siens. C’est un ami de Pierre, ils se soutiennent.

Le mari de Sonja fait son apparition, il n’est pas seul. Il a amené leur enfant. Quel comportement adopté pour Sonja ? La fuite ou la paralysie ? Cela l’oblige à tout raconter à Pierre qui se sent perdu. Sonja a une vie derrière elle, pas de place pour lui. Pourtant la jeune femme a des sentiments. Juste avant cet épisode qui donne un tournant à la vie de chacun, ils avaient décider de fuir. Partir, tout quitter pour Cuba. Une nouvelle vie. Sonja ne peut plus, elle va embrasser son ancienne vie, retour en arrière.

La fin du roman est brutale, irréversible. Comme si le fatum devait en être ainsi. La guerre n’a pas réussi à tuer Sonja mais la vie ne l’épargne pas. Les épreuves à surmonter seront encore nombreuses. Très bon roman qui peut laisser penser à Olivier Adam. Si vous voulez un livre léger et joyeux, passez votre chemin. Pour tous les autres, foncez !

 

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