Philosophia naturalis – L.X. Polastron

L’auteur nous offre avec Philosophia naturalis un essai remarquable qui tente de répondre à la question suivante :  » La philosophie est-elle capable d’expliquer la nature ? « . On va faire le tour du monde, des différentes religions et traverser les siècles. Les grands penseurs sont évoqués pour servir le sujet de la nature. Quatre grandes parties vont structurer son propos : le lien de la nature et les textes religieux, la perception de l’homme (1),  la vision de la nature en Europe (2), la philosophie de la nature en Amérique (3) et enfin, la nature de la philosophie.

Polastron nous partage tout son savoir dont on ne peut qu’être admiratif avec une touche d’humour qui nous tient en haleine. Son essai accessible est fait pour les amoureux de la nature, ceux qui s’intéressent à la philosophie et à tous les curieux.

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I – Retour aux origines. 

Avant de parler de philosophie, on commence par se remettre en mémoire la vision de la nature qu’ont les textes religieux. L.X. Polastron  n’en oublie pas, il revisite pour chacun  d’eux avec minutie ce qu’ils nous ont laissé en héritage. On y voit une nature à contempler ou à domestiquer, pas d’état intermédiaire. Bien que l’homme s’inspire d’elle, il ne peut s’empêcher de la dominer. Se plaçant au centre de l’univers, il s’érige en demi-dieu. Contrairement aux tribus ancestrales qui elles préservent leur environnement, ce qu’il peut leur donner. L’Inde, la Chine, le Japon sont mis à nu. En Orient, chaque objet a son esprit. Le rapport à la nature est alors bien différent. La relation de l’homme et de l’animal est également évoqué. Pour l’Islam par exemple, ils ont été créés pour devenir nourriture. L’homme se trouve donc au dessus  de lui.

 » La nature ne cesse donc de fournir ses matériaux à la civilisation  » A. Berque

De manière générale, l’homme est au centre de l’univers, de la nature. De nombreux textes appuient cette position qui ne sera pourtant pas celle de tous. Le shintô ancestral se place différemment. La pensée de la nature va évoluer. L’antiquité va la replacer au centre de tout.

 

II – La vision de la nature en Europe. 

Pour les Antiques, l’homme doit s’effacer pour saisir la nature et développer sa sensibilité pour mieux la percevoir. Elle représente le cosmos, c’est désormais un tout composé de visibles et d’invisibles. Les penseurs Allemands reprendront cette philosophie, ils accorderont à la nature une intervention indépendante de Dieu. Goethe sera partisan de la pensée globale. La contemplation de la nature permet d’ouvrir l’espace infini du mental. L’homme y voit un espace de projection. Il faut libérer sa pensée, vivre sans calques. Nietzsche aura une hypersensibilité et verra en la nature un modèle. On peut dire que la littérature germanique y perçoit un moyen de s’élever par l’esprit.

La France quant à elle s’est centrée sur elle-même n’ayant « rien à penser dans la nature ».

 

III – Voyage en terre nouvelle, l’Amérique. 

L’Amérique est un pays qui a vu naître des penseurs de la nature. Emerson sera le créateur du transcendantalisme. Thoreau (grand poète et philosophe) sera son disciple avant de faire son chemin. La nature est un espace de régénération, de « jeunesse éternelle » selon Emerson. Thoreau sera quant à lui est un philosophe qui vit en contact avec les éléments. Pour ceux qui ne le connaissent pas, emparez-vous de Walden, une pépite ! Il a vécu au bord du lac Walden, près de Concord, pendant deux ans. Il a tenu un journal où il partage son quotidien, son observation de la nature sur un ton poétique qui lui est propre. Un précepte qu’il applique : jouir de la « beauté qui jamais ne se dérobe « . La forêt fait partie intégrante de sa vie, de son être. D’autres philosophes sont évoqués tels que John Muir, Aldo Leopold.

Polastron nous rappelle justement la différence entre le « préservationnisme » et le « conservationnisme » que l’on pourrait résumer facilement par la nature vs le profit. De même que l’écologie n’est pas l’environnementalisme, comprendre comment la nature fonctionne sans prendre en compte la question éthique vs prendre des décisions éthiques pour faire simple.

Ces notions nous amène à un bilan du XXI° siècle un peu sombre. On se concentre plus facilement aujourd’hui sur les enjeux économiques que ceux philosophiques ou environnementaux. L’homme aime s’autodétruire et construit son propre suicide. Il faut revenir à la nature, se recentrer.

 

IV – La nature de la philosophie

Après avoir voyagé, on comprend que la nature n’est que philosophie et que c’est elle qui explique cet enseignement. Polastron nous pousse à nous questionner, à repenser notre place dans le monde. Exister au delà de soi, voir la nature comme un hypermonde.

 » La nature ne pense pas, nous sommes sa pensée  » Polastron

Philosophia naturalis est bien plus qu’un essai, c’est une revisite du savoir de la nature, du monde. Polastron nous partage une connaissance servant notre réflexion quant à notre place dans le monde. L’homme fait partie de la nature sans en être au-dessus. On fait partie d’un tout. L’enseignement de ceux qui nous ont précédé est bien riche. L’époque hyperconnectée dans laquelle nous vivons mériterait d’être reconsidérée. Quelles priorités souhaitons-nous mettre avant tout ? Être au plus proche de ce qui nous entoure ou courir vers notre perte ?

Un livre qui couche sur papier la nature, à savourer !

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