Au commencent du septième jour – Luc Lang

Ce roman de la rentrée littéraire n’est pas à mettre entre toutes les mains. Au commencement du septième jour est un drame familiale, le destin s’acharne et fait tomber les personnages les uns après les autres dans des contextes toujours plus sordides. Vous êtes prévenus. Il est donc délicat de conseiller ce livre malgré le fait qu’il se lit tout seul car on veut savoir. L’auteur Luc Lang se joue beaucoup du lecteur en laissant en suspens la narration. Il n’hésite pas à user des points de suspension pour ne pas achever une phrase ou avoir recours aux ellipses temporelles (trop nombreuses). C’est frustrant mais le moment où tous les mécanismes s’emboîtent est d’autant plus fort. On tombe de haut. Comme le personnage de Thomas, on n’a rien vu venir. Le livre est en trois parties, la première centrée sur Camille, Jean et Pauline.

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On suit donc la trajectoire de Thomas, marié et père de deux enfants Anton & Elsa. Comme Camille son épouse, il est ingénieur numérique. Ils habitent sur Paris mais Camille travaille sur Rouen et a un poste important chez Orange. Leur couple n’est pas au meilleur de sa forme, ils ne se retrouvent plus comme avant. On est vendredi soir, début du week end et anniversaire de mariage du couple. Thomas est avec les enfants, il attend de savoir si Camille va pouvoir rentrer, pas de réponse. Il fait le point sur leur relation, voudrait avoir un troisième enfant, se rappelle des souvenirs. Ainsi le lecteur en apprend un peu plus sur Camille, personnage absent. Le téléphone de Thomas retentit à 5h du matin, Camille a eu un accident deux heures auparavant. Il laisse les enfants et se précipite sur la route pour aller à l’hôpital.

L’écriture de Luc Lang est un peu oppressante au départ, ses paragraphes forment de gros blocs sans « blancs ». Il n’y a pas d’espace, ils sont à la suite les uns des autres. On est dans l’ambiance, Thomas qui ne cesse de cogiter, d’émettre des hypothèses. Que faisait Camille à 3h du matin sur la route ? Après beaucoup d’attente, le diagnostique est tombé. Camille est dans un coma de stade 3 et a un hématome temporal. Elle n’est pas sortie d’affaire. Il apprend qu’elle est enceinte mais qu’il y a peu de chance que le foetus survive.  Il se rend sur le lieu de l’accident, une ligne droite. Incompréhension. On lui remet ses affaires personnelles, elle a des messages au moment de l’accident. Un homme. Les doutes s’installent. Thomas doit annoncer à ses enfants qui étaient avec la nounou que leur mère a eu un accident. Il ne sait comment. La mère de Camille, Claire, arrive de Bordeaux.

Thomas est moins productif dans son travail et son supérieur le lui reproche. Il est peu à peu mis de côté. La priorité c’est le travail. Thomas veut trouver une explication pour l’accident. On ne sait pas, on ne sera pas. Camille finit par se réveiller mais ne réagit pas.


La deuxième partie du livre débute par une randonnée que Thomas fait dans les Pyrénées. On comprend qu’il y a une grosse ellipse temporelle. Il a rejoint son frère Jean dans les montagnes où il y fait des fromages grâce à son troupeau de brebis. Les enfants sont également venus se ressourcer. Thomas renoue avec son frère, prend le temps pour se poser loin de Paris. Faire le vide. Anton comme Thomas se sentent prisonniers de leur situation. De nombreux secrets ne sont pas dévoilés aux lecteurs, on tourne autour.

“ La vie est une prison, on est enfermés dans le malheur ”.

Thomas retourne voir son frère pour Noël. Il retrouve ainsi les paysages de son enfance, les souvenirs avec son frère et sa soeur Pauline. Cette dernière est partie s’exiler au Cameroun, elle est médecin psychiatre. Il y a un malaise autour de leur père Aurèle, Jean n’aime pas qu’on parle de lui. Il est mort après avoir chuté d’une falaise. Il en va de même avec leur mère Valence qui s’est remarié.


Le dernier segment du roman dévoile les secrets les plus noirs de la famille. Thomas part voir Pauline en Afrique. On change de décor. Après un petit séjour en prison car il n’avait que la photocopie de son passeport, il retrouve sa soeur qu’il n’avait pas vu depuis des années. Elle n’était pas là pour Camille, pour Jean, ne connait pas ses enfants. Thomas ne comprend pas pourquoi elle a quitté la France pour venir ici et subir le climat d’insécurité à cause de la terreur de Boko Haram. Ils prennent le temps de parler, Camille fait lire à Thomas les lettres que Jean lui envoyait. Il connait un frère différent, plus libre dans ses paroles.

Thomas, après les révélations de Pauline, a un nouveau regard sur le monde qui l’entoure, sur ses parents, son frère. Même Camille. Tout se réorganise dans sa tête. Il repart pour la France et laisse Pauline derrière lui. Luc Lang a du prendre du plaisir à avoir terminé son livre ainsi…

“ Voilà. Je dois vous dire quelque chose. C’est important ”.

Au commencement du sixième jour est un gros roman de plus de cinq cents pages où il faut attendre la dernière partie pour comprendre ce qui habite les personnages, les tourmente. Chacun a son enfer intérieur. Cependant Thomas essaye d’avancer comme il peut avec les enfants. Une lecture qui malmène le lecteur par ces “blancs” mais presque tout est résolu. Enfin presque.

Bonne lecture

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